Techniques de remédiation dans les bâtiments existants

Dans les bâtiments existants, les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre la présence de radon dans l'air intérieur sont à considérer en fonction des niveaux de concentration moyenne annuelle mesurés dans le bâtiment lors de la phase de dépistage et des caractéristiques de ce dernier.
  
Pour cela, il est préconisé d'effectuer un diagnostic technique du bâtiment. Selon les cas typologiques rencontrés et les niveaux initiaux de concentration, les mesures correctrices peuvent être réalisées de façon itérative afin de minimiser l'investissement réalisé pour lutter contre ce problème. Il existe un guide 2008 édité par le CSTB (cliquer sur la photo).
 
  
Actions de remédiation simples
   
Les actions simples sur le bâtiment correspondent à des interventions ne mettant pas en œuvre des travaux lourds sur ce dernier. On peut distinguer deux types d'intervention : les interventions provisoires et les interventions pérennes.
 
  • Actions provisoires
Elles se justifient en présence de concentration importante afin de minimiser de façon provisoire mais effective l'exposition des personnes séjournant dans le bâtiment ou afin de tester la pertinence de ces actions. Elles peuvent consister à :
-       Réaliser des étanchements provisoires (portes, points d'entrée, ).
 
-       Aérer par ouverture des fenêtres les espaces habités,
  •  Actions pérennes
 Ce type de travaux simples peut parfois suffire, notamment lorsque le niveau de la mesure de dépistage n'est pas très élevé par rapport aux limites définies, à abaisser suffisamment la concentration en radon. Elles peuvent consister à :
 
-       Réaliser des étanchements définitifs (ponctuels ou de surface),
 
-       Vérifier l'état de la ventilation et rectifier des disfonctionnements éventuels (obturation d'entrée ou de sortie d'air, encrassement, défaillance de ventilateurs),
 
-       Améliorer l'aération naturelle de soubassement (vide sanitaire ou cave).
  
Actions de remédiation plus conséquentes
 
 Lorsque le niveau de dépistage en radon est important, il est alors nécessaire de mettre en œuvre des actions plus conséquentes. Ces actions doivent être définies sur la base du diagnostic technique du bâtiment. De façon générique, les solutions à mettre en œuvre font appel à un de ces deux principes : empêcher le radon d'entrer dans le bâtiment, diluer la concentration en radon dans le bâtiment. Le premier principe est considéré plus efficace que le second. Il est cependant important de noter que les solutions mises en œuvre dans un bâtiment consistent souvent en une combinaison de solutions, en fonction des caractéristiques du bâtiment et faisant appel aux deux principes mentionnés ci-dessus.
 
  • Etanchement de l'interface sol-bâtiment
 Si, en général, ces techniques ne sont pas suffisantes, elles correspondent cependant à un préalable indispensable à la mise en œuvre de toute autre technique. Ces techniques correspondent à l'étanchement de points singuliers entre le soubassement et le volume habité (canalisation, portes, trappes, ...), à des traitements de surfaces (sols, murs enterrés), à la couverture de sols en terre battue.
  •  Techniques traitant la cellule habitée
Lorsque le diagnostic technique du bâtiment fait apparaître un manque de ventilation des locaux, il est important de mettre en œuvre les moyens nécessaires (mécaniques ou naturels) à une bonne aération de ces derniers, sans dépasser les niveaux réglementaires en vigueur. La ventilation par insufflation mécanique permet, tout en ventilant les locaux, de les mettre en légère surpression ou pour le moins de combattre la dépression naturelle, et de faire ainsi obstacle à l'entrée du radon.
  •  Techniques traitant l'interface sol/bâtiment : vide sanitaire, dallage sur terre-plein, cave
Ces actions sont reconnues pour être les plus efficaces. Elles consistent, soit à ventiler ces espaces (naturellement ou mécaniquement), soit à les mettre en légère dépression par rapport au volume habité par extraction mécanique lorsque cela est possible : Système de Dépressurisation des Sols (S.D.S.).
 
Des études pilotes menées par le CSTB ont montré l'efficacité du principe des S.D.S. pour des bâtiments existants. Voir fiche Efficacité Solutions_Etudes_pilotes.pdf